Jeudi 18 février 4 18 /02 /Fév 12:36

Aux confins du symbolisme et d'un (sur)réalisme naïf, Frida Kahlo est aujourd'hui considérée comme l'une des plus grandes artistes de tous les temps. Picasso disait à son sujet qu'elle était certainement la meilleure portraitiste du XXème siècle, et André Breton organisa lui-même, en 1939 à Paris, l'une des premières grandes expositions de ses oeuvres en dehors du Mexique.

Dans son travail, elle recrée un univers entier à partir de fragments de son moi et des traditions tenaces de sa propre culture.



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d'après : le livre  "KHALO"  d'Andrea Hettenmann
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<< LE SURREALISME EST LA SURPRISE MAGIQUE CONSISTANT A TROUVER UN LION DANS L'ARMOIRE DONT ON VOULAIT SORTIR UNE CHEMISE >> -  FRIDA KHALO




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Autoportrait à la robe de velours, 1926
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C
et autoportrait est le premier tableau sérieux de Frida Kahlo. Elle le peignit comme cadeau pour son amant Alejandro Gómez Arias qui l'avait quittée et qu'elle voulait ainsi pousser à revenir. Le portrait plein de dignité et de noblesse reflète l'intérêt que Frida Kahlo portait à la peinture de la Renaissance italienne. Le cou maniériste démesurément long rappelle les représentations de Parmigianino ou bien encore Amedeo Modigliani.






Après la période coloniale et la dictature du général Porfirio Díaz pendant trente ans, on aspirait à des changements fondamentaux dans l'organisation de la société mexicaine. Frida Kahlo avait apparemment décidé qu'elle était née en même temps que le nouveau Mexique. En réalité, elle avait vu le jour trois ans plus tôt. D'après son acte de naissance, Magdalena Carmen Frieda Kahlo Calderón est en effet née le 6 juillet 1907 à Coyoacán, alors faubourg de Mexico, en tant que troisième des quatre filles de Matilde et Guillermo Kahlo.

Dans le tableau  "Mes grands-parents, mes parents et moi"  peint en 1936, l'artiste raconte l'histoire de ses origines. Elle est la petite fille du jardin de la <<Maison bleue>>  à Coyoacán, l'actuel Museo Parents et grands parents0001Frida Kahlo, où elle est née et décédée. Cette maison avait été construite par ses parents en 1904. Au-dessus d'elle se trouvent  ses parents, dans la pose dans laquelle ils avaient été photographiés le jour de leur mariage en 1898. Sur les genoux de la mère est représenté un foetus au moyen duquel l'artiste signale son existence prénatale. Dans son autoportrait, elle remonte au stade de la fécondation avec le motif de la pollinisation d'une fleur. La petite Frida tient  dans la main droite un ruban rouge qui entoure ses parents. Les extrémités flottantes des rubans rouges encerclent les portraits des deux couples de grands-parents qui surgissent respectivement de leur nuage. Les grands-parents maternels flottent au-dessus des montagnes mexicaines. La mère de Frida Kahlo, Matilde Calderón y González (1876-1932), est née à Mexico. Elle était la fille d'Isabel González y González, issue d'une famille de généraux espagnols, et du photographe Anconio Calderón, qui était d'origine indienne et venait de Morelia.


Ses parents, des juifs hongrois, avaient émigré en Allemagne et y étaient parvenus à l'aisance. Après la mort de sa mère et le remariage de son père, le jeune Wilhelm Kahlo, qui avait 19 ans, reçut de ce dernier l'aide financière nécessaire pour effectuer la traversée jusqu'au Mexique en 1891. Il échangea alors son http://images.google.fr/url?source=imgres&ct=img&q=http://images26.fotosik.pl/85/a556de342ac2c120.jpg&usg=AFQjCNHrwhUS6hC-ZIHyST8-si1PEl0-TAprénom contre son synonyme espagnol Guillermo et gagna sa vie dans divers magasins comme employé. Après la mort de sa première femne, qui s'éteignit à la naissance de leur deuxième fille, il épousa Matilde Calderón.
Maria Luisa et Margarita, les filles du premier lit, entrèrent au couvent afin de parfaire leur éducation. Guillermo Kahlo apprit auprès de son beau-père le métier de photographe pour s'établir à son compte en tant que photographe professionnel.

Pendant le gouvernement du dictateur Díaz, Guillermo Kahlo fut chargé de réaliser un inventaire imagé de monuments architectoniques de l'époque pré-espagnole et coloniale. Ce matériel photographique devait servir à illustrer de luxueux livres de reproductions de grand format à l'occasion du centenaire de l'indépendance du Mexique en 1921. En raison de son expérience en tant que photographe d'architecture, il avait été choisi pour ce projet qui faisait de lui le <<premier photographe officiel des biens culturels nationaux du Mexique>>.

La révolution mexicaine mit  soudainement fin à cette situation favorable pour la famille. << Chez moi, on gagnait sa vie à grand'peine >> , raconta l'artiste par la suite, et c'est la raison pour laquelle elle aidait déjà, enfant, dans des magasins après l'école afin de contribuer aux revenus de la famille.

Frida eu une relation ambigüe avec sa mère, qu'elle décrivait,  comme une femme très sympathique, active, intelligente, mais aussi calculatrice, cruelle et fanatiquement pieuse. A l'inverse, son père été un être portrait-famille0001.jpgchaud et cordial ;

<< Grâce à mon père, j'ai eu une merveilleuse enfance>>,
écrivit-elle dans son journal, << car, bien que malade, (epileptique) il était pour moi un magnifique exemple de tendresse, et surtout de compréhension pour tous mes problèmes >>.

ci-contre : de gauche à droite, ses soeurs, Adriana et Cristina, Frida en complet d'homme,  sa cousine Carmen et Carlos Veraza 7 Février 1926


Lorsqu'elle eut la poliomyélite à l'âge de six ans, son père s'était particulièrement occupé d'elle pendant les neuf mois que dura sa convalescence. Sa jambe droite s'amincit, et le pied ne grandit pas comme il l'aurait dû. Bien que son père l'ait exhortée à faire régulièrement ses exercices de gymnastique médicale pour entraîner ses muscles affaiblis, sa jambe et son pied restèrent déformés. Un mal qu'elle essayait de cacher avec des pantalons étant jeune fille et, plus tard, sous de longues jupes mexicaines : Alors qu'on l'appelait  encore <<Frida-la-boireuse>>  dans son enfance - ce qui la blessait profondément  -, elle fit plus tard l'objet d'une attention admirative grâce à son apparence exotique. Elle accompagnait son père dans ses excursions, ce dernier faisant  de l'aquarelle en amateur enthousiaste pendant  ces promenades communes. Il lui apprit  à se servir d'un appareil photo, à développer, à retoucher et à colorier des photos, expériences qui lui furent  très utiles pour ses peintures ultérieures.

En 1951 l'artiste exprima dans le  "Portrait de mon père"  l'amour et l'admiration qu'elle portait à Guillermo Kahlo qu'elle qualifìait de << très intéressant, très élégant quand il bougeait, marchait >> et de << calme, travailleur, courageux >>.

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Elle le représenta avec son outil de travail, un appareil à plaques de grand format. Sur le bord inférieur du tableau, elle peignit une banderole, comme c'était l'usage dans la peinture de portrait mexicaine du XIX  ème  siècle, avec la dédicace :

<< ]'ai peint mon père Wilhelm Kahlo, d'origine germano-hongroise, artiste et photographe de profession, être généreux, intelligent et noble, courageux, puisqu'il souffrit  d'épilepsie pendant soixante ans sans jamais cesser de trravailler et lutta concre Hitler. Avec adoration. Sa fìlle Frida Kahlo. >>







                                                                                                            
  Portrait d'Alicia Galant, 1927
                                                                                                         
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Comme d'autre portraits datant de la première phase créatrice de Frida Kahlo, ce portrait de son amie s'oriente selon la peinture de portrait mexicaine du XIX ème siècle qui était  influencée par l'Europe. Le sombre arrière-plan  "Art  Nouveau" se différencie fortement des fonds des portraits ultérieurs où l'on voit clairement qu'elle se tourne vers le "mexicanismo",  la conscience nationale mexicaine.







    Portrait de ma soeur Cristina 1928

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Les  tableaux des années 1928 et 1929, comme ce portrait de sa soeur, montrent déjà stylistiquement et thématiquement l'influence du célèbre artiste mexicain Diego Rivera : des contours durs et un peu raides marquent désormais sa manière de peindre. Un petit  arbre stylisé à l'arrière-plan contraste avec une grande branche au premier plan, ce qui indique vaguement  la pièce. Cristina (1908-1964)  était la soeur cadette de Frida Kahlo.











Après avoir quitté le cours supérieur du Colegio Alemán, l'école allemande à Mexico, Frida Kahlo fréquenta à partir de 1922  l' <<Escuela Nacional Preparatoria>>.  Frida Kahlo était  l'une des trente-cinq premières fìlles admises sur un total de 2000 élèves. Elle voulait passer son baccalauréat, car elle s'intéressait énormément aux sciences naturelles, surtout à la biologie, à la zoologie et  à l'anatomie, et souhaitait devenir médecin.

Dans cette école, elle rencontra et fit partie de "clique", la sienne portait le nom de "Cachucas".  Au sein de cette "clique", ils lisaient beaucoup, étaient partisans des idées socio-nationaliste du ministre des affaires culturelles  - José Vasconcelos -  et préconisaient  des réformes à l'école. Plusieurs chefs de la gauche mexicaine sortirent plus tard de leurs rangs.

Jusqu'en 1925, le seul encouragement apporté à son talent consista en leçons de dessin que lui donna Fernando Fernández,  un ami de son père. Le dessinateur publicitaire considéré, dont l'atelier se trouvait tout près de l'école de Kahlo, lui octroya une place d'apprentissage rémunérée pour la soutenir financièrement. Il lui apprit à copier quelques gravures de l'impressionniste suédois Anders Zorn. Fernández avait été surpris par son talent. Mais malgré l'intérêt qu'elle portait aux beaux-arts, elle n'avait, jamais pensé jusqu'en 1925 à embrasser une carrière artistique. Mais elle ne tarda pas à modifier ses projets.


Par cathou
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Jeudi 18 février 4 18 /02 /Fév 11:58



Le 17 septembre 1925, un accident de la circulation se produisit peu après que Frida Kahlo soit montée dans le bus avec Alejandro Gómez Arias, son ami d'enfance, pour effectuer le trajet de l'école à la maison  à Coyoacán. Dans la collision entre l'autobus et le tramway, plusieurs personnes trouvèrent la mort sur le lieu même de l'accident. Frida Kahlo subit plusieurs blessures si graves que les médecins doutèrent qu'elle puisse survivre.

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Ex voto  -  vers 1943

"Frida Khalo trouva un tableau votif dont la représentation ressemblait tellement à son propre accident, qu'il lui suffit d'y apporter quelques modifications pour le transformer. Elle ajouta l'inscription sur le bus et le tram, donna à l'accidentée les sourcils typiques et nantit la représentation du remerciement."



Elle fut clouée au lit  pendant trois mois. Elle passa un mois à l'hôpital et sembla ensuite guérie, mais continua à souffrir fréquemment de douleurs dans la colonne vertébrale et dans le pied droit. Elle se sentait en outre constamment  fatiguée. Environ un an après l'accident, elle dut retourner à l'hôpital. Elle n'avait pas été radiographiée et la colonne vertébrale n'avait pas été examinée. C'est seulement à ce moment que l'on constata une vertèbre lombaire fracturée, et elle dut porter divers corsets de plâtre pendant  neuf mois pour guérir. Dans de nombreuses lettres adressées à Alejandro Gómez Arias, elle décrit l'état qui fut le sien pendant les neuf mois où elle fut considérablement limitée dans sa liberté de mouvements et dut même rester complètement immobile par moments. Pour échapper à l'ennui et à la douleur, elle se mit à peindre.

<<Je croyais avoir suffìsamment d'énergie pour faire quelque chose d'autre qu'étudier pour devenir médecin. Sans attirer beaucoup l'attention là-dessus, je commençai à peindre>>, raconta-t-elle plus tard au critique d'art Antonio Rodríguez.

<<Depuis de nombreuses années, mon père avait une boîte avec des couleurs à l'huile, quelques pinceaux dans un vieux verre et une palette dans un coin de son petit studio de photographie. Il peignait et dessinait    volontiers des paysages à proximité du fleuve de Coyoacán et il copiait parfois des chromolithographies. Petite fille, j'avais déjà, comme on dit, jeté un oeil sur la boîte remplie de couleurs. Je ne saurais expliquer pourquoi. Comme j'étais malade et devais passer beaucoup de temps au lit, je profitai de  l'occasion et la réclamai à mon père. Pareil à un petit garçon auquel on prend un jouet pour le donner à son frère malade, il me la prêta. Ma mère fit faire un chevalet par un menuisier, si l'on peut appeler ainsi l'appareil spécial que l'on pouvait fixer à mon lit, car le corset de plâtre ne me permettait pas de me dresser sur mon séant.>>

Le lit fut en outre recouvert d'un baldaquin sous lequel on plaça un miroir sur toute la longueur, de sorte qu'elle pouvait se voir et se servir de modèle. Ce fut le début des nombreux autoportraits qui prédominent dans l'oeuvre de Frida Kahlo et peuvent être mis en évidence, presque sans interruprion, dans toutes ses phases créatrices. Un genre à propos duquel elle dit plus tard : << Je me peins parce que je passe beaucoup de temps seule et parce que je suis le motif que je connais le mieux>>.

Ces autoportraits furent peints pendant la séparation et le divorce d'avec son mari vers 1939.



Autoportrait au collier d'épines 1940                                                                      Autoportait  1930

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             Autoportait  1948                                                                    Autoportrait aux cheveux défaits 1947

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   Autoportrait au petit singe 1945                      Autoportrait au singe  1940                                                            

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Avec le choix d'Alvaro Obregóns comme président (1920) et la création d'un ministère des affaires culturelles (SEP) sous la direction de José Vasconcelos, l'alphabétisation fut non seulement poussée, mais un vaste mouvement de renouveau culturel fut en même temps mis en branle. Son but était l'assimilation http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fb/Jose_vasconcelos.jpg/200px-Jose_vasconcelos.jpgsociale et l'intégration culturelle de la population indienne ainsi que le recouvrement d'une culture mexicaine autonome.
Alors que les éléments culturels indiens avaient été refoulés depuis la conquête espagnole et que l'art académique influencé par l'Europe avait été encouragé depuis le XIX  ème siècle jusqu'à la révolution, la réorientation ne tarda plus. Beaucoup d'artistes, qui avaient  trouvé dégradante l'imitation des modèles étrangers jusque-Ià courante, réclamèrent désormais un art mexicain indépendant détaché de l'académisme. Ils exigèrent que l'on se souvienne de ses origines mexicaines et que l'on revalorise l'art populaire.

Frida Kahlo
rejoignit ce cercle d'artistes et d'intellectuels en 1928. Vers la fìn de l'année 1927, elle était suffìsamment rétablie pour pouvoir mener de nouveau une vie en grande partie <<normale>>.  Elle intensifìa donc une fois encore le contact avec ses anciens camarades d'école. Beaucoup avaient entre-temps quitté l'Ecole préparatoire pour étudier et  étaient politiquement actifs à l'université. Au début de l'année 1928, Germán de Campo, l'un de ses amis d'école, l'introduisit dans un cercle de jeunes gens groupés autour du communiste cubain Julio Anconio Mella. Mella se trouvait alors en exil au Mexique et était un ami de la photographe Tina Modorti qui avait également des relations avec les artistes progressifs.

http://monsite.orange.fr/mansouvide/images/3-picture2.jpg?0.3271687310039557Par son intermédiaire, Frida Kahlo rencontra Diego Rivera. ElIe avait déjà pu observer le peintre en 1922, alors qu'il exécutait sa première peinture murale dans l'amphithéâtre Simón Bolívar à l'Escuela Nacional Preparacoria. ElIe lui rendit donc visite avec ses premières oeuvres au ministère des affaires culturelles où il créa une nouvelle peinture murale entre 1923 et 1928. ElIe admirait beaucoup le peintre et sa peinture et voulait donc lui demander son avis au sujet de ses propres travaux pour savoir s'il la trouvair douée. Les oeuvres qu'elle lui présenta impressionnèrent beaucoup le muraliste : <<Les toiles révélaient une extraordinaire force d'expression, une description précise des caractères et un réel sérieux. (...) ElIes possédaient une sincérité plastique fondamentale et une personnalité artistique propre. ElIes véhiculaient une sensualité virale encore enrichie par une faculté d'observation impitoyable, quoique sensible. Pour moi, il était manifeste que cette jeune fille était une véritable artiste.>>



Frida Kahlo et Diego Rivera, qui a 21 ans de plus qu'elle, se marient le 21 août 1929.

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Frida Kahlo avait apparemment déjà fait la connaissance du cercle d'artistes et d'intellectuels mexicains qui préconisaient un art mexicain autonome. Le <<mexicanismo>> devait avant tout s'exprimer dans la peinture murale éducative qui était particulièrement encouragée par l'Etat afìn de rendre l'histoire nationale accessible à la multitude d'analphabètes.

Ce portrait double à peut être été créé d'apès une photo de mariage. Les fin petits pieds de Frida Kahlo touchent à peine le sol. On dirait presque qu'elle flotte, tandis que Rivera est bien ancré sur le sol avec ses pieds géants. Avec sa palette et ses pinceaux, Rivera est caractérisé en tant que peintre, elle se représente elle-même comme la femme du génial artiste. Le collectionneur d'art Bender reçut ce tableau en remerciement de ses efforts pour faire obtenir à Rivera une autorisation d'entrée aux Etats-Unis, autorisation qui avait d'abord été refusée à Rivera à cause de ses idées communistes."
     


                                                                    
http://images.google.fr/url?source=imgres&ct=img&q=http://www.saintantoine.org/messaggero/upload/foto/1104_34.jpg&usg=AFQjCNE-ctWqF9k0B-_Bkw4isGQnrcWuKw
La peinture murale de José Clemence Orozco, Diego Rivera et David Alfaro Siqueiros attirait particulièrement l'attention.  Mais les idées <<nationales>> dont les principaux représentants étaient Gerardo Murilllo  dit  Dr. Atl, Adolfo Best Maugard et Roberto Montenegro, furent prises pour thème non seulement dans la peinture monumentale, mais encore dans la peinture privée.


                                                  
José Clemence Orozco,
http://www.vivamexico.info/Peintures/Orozco/ASoumission.jpg








                Diégo Rivéra





                         

                           David Alfaro Siqueiros


http://images.google.fr/url?source=imgres&ct=img&q=http://www.chroniclebooks.com/Chronicle/excerpt/0811819280-19280e5.jpg&usg=AFQjCNEzAnu3vzsbbIGftjFvDeuVQmbu8Q





















Frida Kahlo emprunta à l'art populaire les coloris et certains motifs tels que les <<figures de Judas>> qui l'accompagnent dans certains autoportraits. Elle reprit des éléments des ex-voto d'artistes amateurs anonymes et prit en outre ses idées à la culture précolombienne et pas en dernier lieu à la peinture de portrait mexicaine du XIX ème siècle. Les objets de l'art populaire dont  Frida Kahlo s'inspirait pour ses oeuvres entrèrent en même temps dans les foyers des intellectuels mexicains en tant qu'objets des arts
décoratifs. Les meubles paysans, les objets laqués, les masques, les <<figures de Judas>> en papier mâché et les tableaux votifs faisaient aussi partie intégrante de la maison du couple Kahlo-Rivera.

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Dans ses autoportraits, Frida Kahlo se représentait la plupart du temps vêtue de simples habits paysans ou d'un costume régional indien, avec lesquels elle exprimait son identification à la population indienne, son
identité nationale.

<<A une autre époque, je m'habillais comme un garçon, les cheveux coupés court, un pantalon, des bottes et une veste de cuir, mais quand j'avais rendez-vous avec Diego, je passais ma robe Tehuana.>> 


Le peintre porta effectivement pendant un certain temps des vêtements masculins, créant ainsi l'image d'une femme peu commune et autonome.





Diégo Rivéra voyait en Frida Khalo, qui portait des costumes régionaux, << l'incarnation de toute la magnificence nationale >>.  Avec la même intention idéologique, l'artiste créa aussi les fonds de ses autoportraits et choisit les attributs accompagnant son image. Elle représenta la flore et la faune mexicaine, montra des cactées, des plantes de la forêt vierge, des roches volcaniques, des cerfs, des perroquets - bêtes qu'elle avait comme animaux domestiques et qui parasissent dans ses tableaux en tant que compagnons de solitude.




Par Crevette
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Jeudi 18 février 4 18 /02 /Fév 00:00

...  <<au pays des Gringos>>



"Autoportrait  <<The Frame>>, vers 1938

L'exposition <<Mexique>>  organisée par André Breton à Paris en 1939 présenta des tableaux, des sculptures, des photographies et des objets populaires mexicains. Son autoportrait fut  également exposé ; FOND BLEU0001ce fut la première oeuvre d'un artiste mexicain contemporain achetée par le Louvre. Rivera fut très fier de cet honneur et s'enthousiasma souvent pour le triomphe remporté par Frida Kahlo à Paris. Le portrait  et le fond bleu sont peints sur une plaque d'aluminium. Les ornements floraux qui l'entourent et les deux oiseaux sont peints sur verre et posés devant le portrait.



En novembre 1930, Frida Kahlo et Diego Rivera allèrent s'installer pour quatre ans aux Etats-Unis. Leur premier lieu de séjour fut San Francisco.
Diego Rivera avait été chargé de réaliser des peintures murales pour la San Francisco Stock Exchange et pour la California School of Fine Arts, l'actuel San Francisco Art Institute.

Sa décision de vivre et de travailler pendant un long espace de temps aux Etats-Unis avait certainement des raisons à la fois politiques et artistiques. L'intérêt des Nord-Arnéricains pour le développement culturel de leur voisin du sud, pour la dite <renaissance mexicaine>>, était grand.  A l'inverse, les Etats-Unis représentaient un grand pôle d'attraction pour les artistes mexicains. Quelques-uns d'entre eux se rendirent dans le pays voisin pour y profiter du marché de l'art plus développé.

A San Francisco, Frida Kahlo fit la connaissance d'artistes, de commanditaires et de mécènes dont Albert Bender. Ce dernier était agent d'assurances et avait déjà acquis quelques oeuvres de Diego Rivera au cours de précédents séjours au Mexique. Grâce à ses influentes relations, il était parvenu à obtenir une autorisation d'entrée aux Etats-Unis pour Diego Rivera auquel le visa avait été refusé en raison de ses opinions communistes, bien qu'il ait quitté le parti communiste en 1929 à cause des tendances stalinistes de ce dernier.

En remerciement, Frida Kahlo réalisa pour son ami le premier d'une série de portraits doubles la représen tant avec son mari, le portrait de
  "Frida Khalo et Diégo Rivera" (vu précédemment)

Après que Rivera eut terminé ses travaux à San Francisco en juin 1931, le couple poursuivit son séjour aux Etats-Unis à New York, exception faite d'une courte visite au Mexique. Rivera avait été invité à participer à une grande rétrospective de ses oeuvres. Ensuite, le couple s'établit en avril 1932 à Detroit pour un an. Le peintre devait exécuter une fresque ayant pour thème l' <<Industrie moderne>> pour le Detroit Institute of Arts.

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"Autoportrait à la frontière entre le Mexique
et  les Etats-Unis", 1932


Dans ce tableau, Frida Kahlo montre cIairement ses idées ambivalentes vis-à-vis du <<pays  des gringos>>. Vêtue d'une élégante robe rose et le drapeau mexicain à la main, elle se tient comme une statue sur un socle devant un monde divisé en deux - le monde mexicain
plein d'histoire, déterminé par les forces de la nature et le cycle naturel de la vie, et le monde nord-américain mort dominé par la technique.






En 1930, Frida Kahlo avait dû interrompre une grossesse pour raisons médicale ; elle fut de nouveau enceinte à Detroit, bien qu'on lui ait dit après l'accident qu'elle ne pourrait vraisemblablement jamais avoir
d'enfant. Que le bassin, qui avait été fracturé en trois endroits, empêchait une position normale de l'enfant et un accouchement normal. En décembre 1930, elle avait fait la connaissance du Dr. Leo Eloesser, chirur gien réputé, à San Francisco et s'était liée d'amitié avec lui - elle réalisa en 1931 le "Portrait du Dr. Leo Eloeser. Sur son conseil, elle alla voir un médecin à l'Henry Ford Hospital de Detroit au début de sa grossesse. <<il m'a dit (...) qu'à son avis, il valait mieux que je garde le bébé au lieu d'interrompre la gros sesse et que, malgré ma mauvaise condition physique, la petite fracture du bassin, de la colonne vertébrale, ect., etc., je pourrais avoir un enfant par césarienne sans trop de difficultés>>, écrivit-elle au Dr.Eloesser en qui elle avait une confiance absolue en ce qui concernait sa santé et auquel elle demandait souvent conseil. <<Croyez-vous qu'il serait plus dangereux d'avorter que d'avoir l'enfant ?>>

Outre son état de santé, elle évoquait dans cette lettre d'autres problèmes qui faisaient paraître une grossesse plutôt défavorable. Elle mentionnait en outre que Rivera ne s'intéressait pas aux enfants. Toutefois, elle décida de porter l'enfant avant d'avoir la réponse du médecin ami : <<Après avoir réfléchi au sujet de toutes les difficultés qu'il provoquerait, j'étais enthousiasmée à l'idée d'avoir un enfant>>  expliqua-t-elle plus tard à son ami.

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Elle dut être d'autant plus déçue lorsqu'elle fit une fausse couche le 4 juillet et perdit l'enfant tant désiré. Pendant les treize jours qu'elle passa à l'hôpital, l'artiste commen ça à fixer l'événement traumatisant de la fausse couche dans un dessin au crayon. Ce dernier lui servit ultérieure ment de modèle pour la peinture à l'huile "Henry Ford Hospital".




      "Henry Ford Hospital ou  Le lit  volant", 1932


 La petite figure du peintre, qui est couchée sans défense dans le grand lit devant la plaine, procure une impression de solitude et d'abandon. Ceci reflète ses sentiments après la perte de l'enfant et pendant le séjour à I'hôpital. L'impression d'abandon est en outre renforcée par la représentation d'un paysage industriel inhospitalier à I'horizon devant leque le lit d'hôpital semble flotter.


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"Ma robe est suspendue là-bas" ou  "New York",1933

Alors que Frida Kahlo en avait assez des Etats-Unis et des Américains, Rivera était roujours fasciné par ce pays er ne voulait pas le quitter.

Ce collage unique dans l'oeuvre de l'artiste est un portrait ironique du capitalisme américain. Rempli de symboles de la société industrielle américaine moderne, il montre sa ruine et la destruction des valeurs humaines.

Frida Kahlo
s'oppose à son mari qui représente à la même époque son consentement au progrès industriel
sur une peinture murale au Rockefeller Center.



En décembre 1933, il cède à l'insistance de Frida et rentra avec elle au Mexique. Le couple s'installa dans une nouvelle maison à San Angel, alors banlieu de
Mexico. ele était constituée de deux carrées, dont le plus petit était bleu et habité par Frida Khalo, tandis que
Diégo Rivéra avait installé un vaste studio dans le plus grand qui était rose.

Après de multiples infidélités et en particulier sa relation avec sa soeur, Cristina - qui lui vait servi de modèle à plusieurs reprises -  Frida Khalo, profondément blessée, quitta le foyer commun au début de 1935 et prit un appartement au centre de Mexico.  Au milieu de 1935, Frida s'était enfuie à New-York avec deux amies pour échapper à la pesante situation. A la fin de 1935, quand la liaison entre Diégo et Cristina fut terminée, elle rentra à San Angel. Les vagues  s'étaient apaisées, même si cela ne voulait pas dire que Rivéra renonçait à avoir des aventures. Frida de son côté eut alors des relations avec d'autres hommes et d'autres femmes, surtout dans les dernières années de sa vie.

A partir de 1936, Frida s'engage de nouveau dans la politique. En juillet, la guerre civile espagnole éclate.  Pour soutenir les républicains, elle fonda un comité de solidarité avec d'autres sympathisants. Ce travail politique lui donne un nouvel élan et la rapproche à nouveau de Diégo Rivéra, qui s' ympathisait avec la ligue trotzkiste depuis 1933. La même année, le couple s'engage auprès du gouvernement mexicain pour que Léon Trotzki obtienne le droit d'asile au Mexique après avoir été expulsé de Norvège sous la pression de Moscou.

peinture-pour-leon0001.jpgLe 9 janvier 1937, Natalia Sedova et Trotzki arrivèrent dans le port de Tampico où ils furent reçus par Frida Kahlo.  L'artiste mit à leur disposition la <<Maison bleue>> de la famille Kahlo à Coyoacán que les Trotzki habitèrent jusqu'en avril 1939. Les deux couples passèrent de nombreuses heures ensemble, et une brève liaison se développa entre Trotzki et Frida Kahlo. A la fìn de la liaison en juillet 1937, l'artiste offrit à Trotzki pour son anniversaire, le 7 novembre 1937, jour anniversaire de la révolution russe, un autoportrait qu'elle lui dédia <<affectueusement>>.

  Cette oeuvre claire et gaie au rayonnement frais et positif poussa André Breton à faire six mois plus tard cette description euphorique :

<<Sur le mur du bureau de Trotzki, j'ai admiré un  autoportrait de Frida Kahlo de Rivera. Vêtue d'une robe aux ailes de papillon dorées, justement dans cette tenue, elle entr'ouvre le rideau de l'intérieur. Nous pouvons, comme aux plus beaux jours du romantisme allemand, assister à l'entrée en scène d'une jeune femme pourvue de tous les dons de la séduction.>>

Jacqueline Lamba et André Breton étaient partis pour le Mexique en avril 1938 et y restèrent quelques mois. Pendant un moment, ils vécurenr dans la maison du couple Kahlo-Rivera à San Angel. Breton, qui était l'un des chefs de file du surréalisme, avait été envoyé au Mexique par le ministère français des affaires étrangères pour donner des conférences. Il sympathisa lui aussi avec la ligue trotzkiste et s'intéressa vivement à une rencontre avec Trotzki. Pour lui, le Mexique était l'incarnation du surréalisme, et il interpréta aussi les oeuvres de Frida Kahlo comme surréalistes.



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"Souvenir ou  Le coeur"  1937


Dans ce tableau, Frida Khalo trouve les moyens pittoresques pour exprimer la douleur morale qu'elle avait subie en 1934 à cause de la liaison entre son mari et sa soeur Cristina.

Son coeur brisé gît à ses pieds ; la surdimention de ce dernier symbolise la vilence de son chagrin. Elle montre ses sentiments d'abandon et de désepoir
au moyen des mains absentes.

Frida Khalo offrit ce tableau à Michel Petit-Jean, directeur de la galerie Renou et Colle à Paris.

 



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Autoportrait au chien  vers 1938

Le tableau montre une jeune femme séduisante au visage plein et aux lèvres sensuelles. Pourtant, l'atmosphère du tableau est marquée par la solitude. Seul le petit chien Itzcuintli donne à Frida Khalo la sécurité et l'affection qu'elle cherchait souvent auprès de ses nombreux animaux domestiques.

Une radiographie prise à l'occasion de la restauration de ce tableau montre, sous la toile, une oeuvre de jeunesse représentant des petits oiseaux et des plantes autour d'un étang.






Par Crevette
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